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Python

Comment installer Python sur Linux (Ubuntu, Debian, Fedora)

9 juillet 2026 · par Romain RICHER

Vous avez décidé de vous mettre à Python et vous travaillez sous Linux ou Unix ? Bonne nouvelle : ces systèmes sont particulièrement adaptés à Python, et l’installation y est simple — souvent, Python est même déjà présent. Ce guide vous accompagne pas à pas : vérifier si Python est installé, l’installer selon votre distribution, mettre en place pip pour ajouter des bibliothèques, et créer des environnements virtuels pour bien organiser vos projets.

Les commandes de ce guide sont valables en 2026 sur les distributions courantes. Selon votre système, de légères variantes sont possibles.

Étape préalable : Python est peut-être déjà là

La plupart des distributions Linux sont livrées avec Python 3 préinstallé, car de nombreux outils système en dépendent. Avant toute chose, vérifiez donc s’il est présent. Ouvrez un terminal et tapez :

python3 --version

Si Python est installé, vous verrez s’afficher sa version, par exemple Python 3.12.3. Dans ce cas, l’interpréteur est prêt et vous pouvez passer directement à la section sur pip. Notez qu’on utilise python3 et non python : sur beaucoup de systèmes, la commande python seule n’existe pas ou pointe historiquement vers l’ancien Python 2. Prenez l’habitude de taper python3, c’est le réflexe sûr.

Si la commande renvoie une erreur du type « commande introuvable », c’est que Python n’est pas installé — passons à l’installation.

Installer Python selon votre distribution

La méthode recommandée est de passer par le gestionnaire de paquets de votre distribution. C’est plus sûr que de télécharger Python ailleurs, car le gestionnaire s’occupe des dépendances et de l’intégration au système. La commande dépend de votre famille de distribution (si vous ne savez pas laquelle vous utilisez, notre article sur les distributions Linux vous aidera à vous repérer).

Sur Debian, Ubuntu et dérivés (Linux Mint…), avec le gestionnaire apt. On commence toujours par rafraîchir la liste des paquets, puis on installe :

sudo apt update
sudo apt install python3

Le mot sudo accorde les droits d’administrateur (un mot de passe vous sera demandé), nécessaires pour installer un logiciel sur l’ensemble du système.

Sur Fedora, Red Hat (RHEL), Rocky Linux, AlmaLinux, avec le gestionnaire dnf :

sudo dnf install python3

Si vous êtes sur une ancienne version (RHEL ou CentOS 7 et antérieures), remplacez dnf par yum, le gestionnaire de l’époque : sudo yum install python3. Sur les versions récentes, yum reste d’ailleurs accepté comme alias de dnf, donc les deux commandes marchent.

Dans les deux cas, le gestionnaire télécharge et installe Python depuis les dépôts officiels de votre distribution. Une fois terminé, revérifiez avec python3 --version pour confirmer que tout est en place.

Un point à savoir : les distributions privilégient la stabilité, elles ne proposent donc pas toujours la toute dernière version de Python dans leurs dépôts. Pour un usage courant, la version fournie convient parfaitement. Si vous avez besoin d’une version très récente ou précise, il existe des outils spécialisés (comme pyenv), mais c’est un sujet avancé dont vous n’avez pas besoin pour débuter.

Installer pip, pour ajouter des bibliothèques

Python seul, c’est déjà beaucoup, mais sa vraie puissance vient de ses milliers de bibliothèques — des collections de code prêtes à l’emploi. Pour les installer, on utilise pip, le gestionnaire de paquets de Python. Il est souvent inclus avec Python, mais pas toujours. Vérifiez sa présence :

pip3 --version

S’il est absent, installez-le via votre gestionnaire de distribution :

sudo apt install python3-pip     # Debian / Ubuntu
sudo dnf install python3-pip     # Fedora / RHEL

Notez qu’on tape généralement pip3 (comme python3) pour bien viser Python 3. Une fois pip disponible, vous pourrez installer une bibliothèque d’une simple commande — mais lisez d’abord la section suivante, car il y a un piège important en 2026.

Le piège à connaître : l’environnement « géré en externe »

Voici un point crucial que rencontrent tous les débutants sur les distributions récentes. Si vous essayez d’installer une bibliothèque directement, par exemple :

pip3 install requests

… vous risquez de voir apparaître une erreur intitulée externally-managed-environment. Ce n’est pas un bug : c’est une protection volontaire (introduite par une norme appelée PEP 668). Elle empêche d’installer des bibliothèques Python à l’échelle du système, car cela pourrait entrer en conflit avec les paquets gérés par votre distribution et casser des outils système qui dépendent de Python.

La bonne pratique, et la solution à cette erreur, tient en deux mots : environnements virtuels. C’est précisément l’objet de la section suivante — et c’est de toute façon la façon correcte de travailler avec Python.

Les environnements virtuels : la bonne façon de travailler

Un environnement virtuel est un espace Python isolé, propre à un projet. Il permet à chaque projet d’avoir ses propres bibliothèques, dans leurs propres versions, sans interférer avec les autres projets ni avec le Python du système. C’est la solution à un problème classique : le projet A a besoin de la version 1 d’une bibliothèque, le projet B de la version 2. Avec des environnements séparés, aucun conflit.

L’outil pour cela, venv, est inclus dans Python 3. Sur Debian/Ubuntu, il faut parfois l’installer à part :

sudo apt install python3-venv     # Debian / Ubuntu (si nécessaire)

Créer un environnement virtuel pour votre projet. Placez-vous dans le dossier de votre projet et lancez :

python3 -m venv .venv

Cette commande crée un dossier .venv contenant un Python isolé. (Le nom .venv est une convention courante, mais vous pouvez en choisir un autre.)

Activer l’environnement :

source .venv/bin/activate

Votre invite de commande change alors pour indiquer que vous êtes « dans » l’environnement. À partir de là, la commande pip installe les bibliothèques uniquement dans cet environnement, sans l’erreur vue plus haut et sans toucher au système :

pip install requests

Quitter l’environnement, quand vous avez fini de travailler :

deactivate

Ce cycle — créer, activer, installer, désactiver — est le quotidien du développeur Python. Prenez-en l’habitude dès le début : c’est ce qui garde votre système propre et vos projets bien rangés.

Premier test : votre premier programme

Pour vérifier que tout fonctionne, rien de tel qu’un petit programme. Deux façons de procéder.

En mode interactif, tapez simplement python3 dans le terminal : vous entrez dans l’interpréteur Python, où vous pouvez taper du code directement. Essayez :

print("Python fonctionne !")

Pour sortir de l’interpréteur, tapez exit() ou appuyez sur Ctrl+D.

Dans un fichier, créez un fichier test.py contenant la ligne ci-dessus, puis exécutez-le avec :

python3 test.py

Si le message s’affiche, félicitations : votre installation Python est opérationnelle. Et si vous préférez simplement essayer du code sans rien manipuler en local, notre compilateur Python en ligne vous permet d’exécuter du Python directement dans le navigateur.

Un mot sur Unix et macOS

Ce guide vise Linux, mais les principes valent pour les autres systèmes de type Unix. Sur macOS (qui est un Unix), Python 3 s’installe généralement via le gestionnaire Homebrew (brew install python), et les environnements virtuels fonctionnent exactement de la même façon. Sur les autres Unix, on passe par le gestionnaire de paquets du système. La logique — vérifier, installer, isoler avec des environnements virtuels — reste universelle.

En résumé

Installer Python sur Linux/Unix, étape par étape :

  • Vérifier d’abord avec python3 --version : Python est souvent déjà là.
  • Installer via le gestionnaire de la distribution : apt install python3 (Debian/Ubuntu) ou dnf install python3 (Fedora/RHEL).
  • Ajouter pip (python3-pip) pour installer des bibliothèques.
  • Toujours travailler dans un environnement virtuel (python3 -m venv) : c’est la solution à l’erreur « externally-managed » et la bonne pratique pour isoler ses projets.

Une fois ces réflexes acquis, vous disposez d’un environnement Python propre et fonctionnel, prêt pour vos premiers projets. La suite, c’est d’écrire du code — et le meilleur moyen d’apprendre reste de pratiquer.